La fée d'Argouges

 

Les sources divergent quant au lieu véritable de l'Histoire, mais le plus grand nombre la situe à Gratot. La commune de Gratot se situe près de Coutances dans le département de la Manche et abrite un château construit au XIIIème siècle. Cette demeure dont la sauvegarde, aujourd’hui terminée, a été entreprise en 1968 par une équipe de passionnés fut pendant sept siècles la propriété de la famille d’Argouges. On peut y admirer une tour appelée "La Tour à la Fée" ou "Tour Mélusine"......

Il existe au moins deux versions différentes de la rencontre entre le Seigneur et la Fée : Dans la première version, on raconte que les villageois terrorisés par un dragon, firent appel au Seigneur d'Argouges pour les en débarrasser...Après que se soit déroulé un terrible et fantastique combat entre le seigneur et la bête dans les "Fosses Soucy, le dragon térrassé s'effondra sur lui, lui coupant le souffle. Alors qu'il allait rendre l'âme, une fée apparut, qui lui proposa de lui sauver la vie à condition qu'il l'épouse.

L'autre version raconte qu'alors que le Seigneur d'Argouges participait à une chasse au loup, il se perdit en forêt. Il rencontra une jeune fille extraordinairement belle. Celle-ci lui indiqua son chemin avant de disparaître. Les jours suivants, le seigneur retourna dans la forêt dans l’espoir de la retrouver. Sa persévérance fut récompensée, si bien que l’amour finit par habiter leurs deux cœurs. Notre fée, puisque c’en était une, accepta d’épouser le châtelain mais celui-ci dut consentir, sur l’honneur, à ne jamais prononcer le mot "mort". Le seigneur jurant qu’il ne sortirait plus de sa bouche, le mariage put être célébré.

Pendant dix ans, ils vécurent heureux dans leur château jusqu’au jour où, alors qu’ils devaient assister à un tournoi, le seigneur attendait son épouse qui s’apprêtait. L’impatience le gagnant, il s’emporta : "Belle Dame, vous êtes si longue à vos besognes que seriez bonne à aller quérir la MORT". Le mot maudit à peine prononcé, la fée poussa un cri déchirant et bascula par l’une des fenêtres, pour disparaître dans les douves du château. Aujourd’hui encore, on peut voir l’empreinte que son pied a laissé sur le rebord de la fenêtre. A ce qu’on dit, les soirs de tempêtes, on peut l’entendre, dans les ruines du château, poussant un cri déchirant : "La mort, la mort..."

On notera que cette légende est également racontée à propos du château de Rânes près d’Argentan dans le département de l’Orne, ainsi que d’un autre situé près de Bayeux ; ces propriétés ayant toutes deux appartenu à la famille d’Argouges.

 
 

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