Gustave Flaubert (12/12/1821 - 08/05/1880)

 

Fils d'un chirurgien, Gustave Flaubert naît le 12 décembre 1821 dans la ville de Rouen. Délaissé par sa famille, dont l'attention se porte sur son frère aîné, le jeune Flaubert passe une enfance assez malheureuse dans l'appartement de fonction de l'hôpital où travaille son père. Pour se distraire, il observe les cadavres à la morgue en compagnie de sa sœur Caroline, de trois ans sa cadette ! Il entame ensuite des études de droit qu'il abandonne rapidement, sujet à des crises nerveuses répétées. En 1836, il fait la rencontre d'Elisa Schlésinger, une femme mariée qui lui inspire une passion amoureuse platonique. On trouve des réminiscences de cette expérience dans les premières œuvres de l'auteur, comme dans les Mémoires d'un fou (1838) ou dans Novembre (1842).

En 1844, à la suite d'une crise de nerfs, l'auteur est contraint d'emménager dans la maison familiale de Rouen. Flaubert y mène une existence cloîtrée aux côtés de sa mère. Mais à l'occasion de deux séjours dans la capitale française, il rencontre Louise Colet qui va devenir sa Muse et avec qui l'écrivain engage une correspondance. En 1848, l'écrivain participe aux manifestations révolutionnaires de février. Il rédige une première version de La tentation de Saint Antoine (1849), avant de partir en Orient avec son ami Maxime du Camp jusqu'en 1851.

Entre romantisme et réalisme

De retour en France, Flaubert se consacre à l'écriture. Ses premiers écrits sont clairement romantiques. Leur thème tourne souvent autour de l'exotisme, le fantastique et la mort. Sa plume est d'abord lyrique. En 1857, la publication de Madame Bovary fait l'objet d'un procès retentissant pour immoralité. Le thème, l'adultère au féminin et le réalisme des descriptions font scandale, ce qui ne l'empêchera pas d'être publié, et d'en retirer une certaine célébrité.

Cinq ans plus tard paraît Salammbô, mieux accueilli par la critique. Ce roman historique évoque la révolte de Carthage au troisième siècle avant JC. Le roman a fait l'objet d'une documentation minutieuse en amont. Tiraillé entre réalisme et romantisme, Flaubert est avant tout un obsédé de la phrase juste. L'écrivain s'engage peu à peu dans une quête du « vrai », et va privilégier l'objectivité et la fidélité du réel aux élans de son imagination.

L'œuvre du désenchantement

Son œuvre, peuplée d'anti-héros est une tentative de démythification, autour des thèmes d'ennui et de déception. A ce sujet, l'écrivain rédige L'éducation sentimentale, dont la réception est un échec. La rencontre entre le personnage Frédéric et celui de Madame Arnoux lui est inspiré par sa propre histoire avec Elisa Schlésinger. En 1874, la version définitive de la Tentation de Saint Antoine est un nouveau tollé. Parmi sa production littéraire, on trouve aussi les Trois contes, un recueil qui comporte trois nouvelles : Un cœur simple, centré autour du personnage de Félicité, inspirée par Julie, la nourrice de l'écrivain, La légende de Saint Julien l'Hospitalier, un conte hagiographique écrit en cinq mois en 1875, et Hérodias, sur la figure de Saint Jean-Baptiste. 

Mais les crises nerveuses de Flaubert s'amplifient. L'auteur perd sa mère et se trouve dans une situation financière embarrassante. Le pessimisme dans lequel il s'ombre alors est visible dans son dernier roman inachevé, Bouvard et Pécuchet, qui est une satire féroce de la bêtise humaine. Les deux héros éponymes, revenus de leurs études encyclopédiques, s'adonnent à nouveau au travail de copistes, jugé abêtissant par l'auteur. Dans le Dictionnaire des idées reçues, qui devait constituer l'appendice du roman mais ne paraîtra qu'à titre posthume, Flaubert dénonce le conformisme bourgeois, et subit une nouvelle fois la censure. L'écrivain s'éteint le 8 mai 1880, victime d'une hémorragie cérébrale.

Du style avant toute chose

Flaubert envisageait le travail de l'écrivain comme un travail d'artiste. Son objectif ultime ? Le beau ! L'écrivain travaille et retouche sans cesse la forme de ses textes, sélectionne rigoureusement son vocabulaire, prête attention à la sonorité des mots, structure ses textes à l'infini. Il tente de donner à l'œuvre une unité proche de la perfection du Parnasse.

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