Les croix normandes

 La Normandie compte parmi les régions de France où un style spécifique de bijoux traditionnels est manifeste. Lieu d'échanges et de commerce, d'agriculture et d'industrie, la Normandie est une province aisée, proche de Paris dont on suit la mode. Les orfèvres qui dès le XVIème siècle travaillent pour la Cour vont progressivement produire plus de modèles et diffuser bagues et alliances, anneaux d'oreilles, épingles, boucles de ceintures, croix, Saint-Esprit, colliers d'esclavage...

Les bijoux traditionnels normands font grand usage du quartz légèrement fumé ou "diamant d'Alençon"  que l'on extrait aux environs de la ville. L'invention du strass au XVIIIème siècle par le strasbourgeois Georges Frédéric Strass permettra la réalisation de brillantes et éclatantes croix inspirées des croix parisiennes.

Ces bijoux normands d’or ou d’argent se fabriquaient à Saint-Lô, à Caen, à Alençon, à Bernay, à Lisieux, à Rouen et comprenaient des croix bosse, avec bossettes au repoussé en pointes de diamant ou avec pierres taillées, surmontées d’un cœur ou d’un nœud en coulant ; des croix plus petites dites jeannettes ; des esclavages ou colliers avec chaînes ou avec plaques rectangulaires et fermoirs ciselés ou émaillés ; des boutons de chemises et de longues épingles à tête à facettes, ou à plaques découpées en filigranes, ou bien encore ornées de fleurs en émail ; des châtelaines, de larges agrafes de pelisses, des boucles de jarretières et de souliers. Le saint-esprit, le plus riche des bijoux normands, était un pendant de col figurant une colombe tenant au bec un rameau entouré de rinceaux en filigranes et surmontée d’un nœud accompagné de nervures filigranées. Ces bijoux, suspendus à un ruban de velours noir qui tranchait sur une gorgerette blanche ou un fichu de Jouy, étaient constellés de petites pierres transparentes, à facettes, parfois serties sur paillon de couleur, et connues sous le nom de diamants d’Alençon. Odolant-Desnos leur a consacré le curieux passage suivant : « Les orfèvres d’Alençon mettent proprement en œuvre des cristallisations connues dans le public sous le nom de diamans d’Alençon ; ces cristallisations sont d’une couleur plus ou moins enfumée ; quand on veut, on leur donne le blanc en les mettant, avec du suif, dans un creuset à feu modéré. Comme elles se trouvent plus abondamment dans les carrières du Hertré et du Pont-Percé que dans les autres carrières de granit, on les connaît aussi sous le nom de diamants de Hertré ».

  

  

Vous pouvez retrouver ces bijoux ainsi que d'autres bijoux régionaux sur les sites du fabricant lyonnais Cas-Bernard OAB d'où sont issus le texte et les photos de cette page ou sur la boutique de vente de bijoux en ligne Bijoux normands et régionaux

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